Écrit par : Hadj Abdelmajid Nejdi et Elmostafa Lekhiar
Après deux années d'interruption et de résilience, dues à la crise sanitaire, la ville d'Azemmour a retrouvé, du 14 au 16 juillet 2022, le goût de l'art du Malhoun, dans le cadre du Festival Malhouniyat Azemmour, à la grande joie de nombreux festivaliers venus du Maroc et d'ailleurs pour célébrer l'ouverture de la 10e édition de cet art musical ancestral, organisée sous le thème : « La préservation du Malhoun est une priorité nationale
Le jeudi 14 Juillet 2022 à Azemmour, dans le cadre de la 10 e édition de la
Rencontre internationale du Malhoun, les artistes marocains Hadj Abdelmajid
Rahimi, Khalid Idriss et la jeune Hajar Azhouri ont réussi à offrir un
florilège de leurs plus belles chansons, transportant ainsi le public dans un
voyage musical à travers les siècles lointains, où la musique arabo-andalouse
atteignit des sommets inégalés de puissance artistique. Le programme de cette
soirée d'ouverture a été aussi rehaussé par un récital donné par les musiciens
les plus en vue du Malhoun, sous la houlette de Mohamed Al Ouali. Elle a été
aussi marquée par la participation de la confrérie des Aissaoua de Fès, dirigée
par le Moqadem Abdellah Yaâkoubi et de la troupe Achmaoui de l'art Aissaoui
d'Azemmour, qui ont de bout en bout emballé le public présent, lors cette belle
soirée
Cette première nuit a été également émaillée d'un hommage rendu à El Mekki Sabbata, poète en Zajal, très réputé à Azemmour, et la remise, dans un bel esprit de reconnaissance, de trophées en l'honneur de la jeune artiste Hajar Azhouri (1er Prix de l'art Inchad à Tafilalet, Erfoud), ainsi qu'à Khalid Idriss et Abdallah Yaâcoubi
Le vendredi 16 Juillet, le public a eu droit à un joli bouquet dédié aussi à la pure musique du Malhoun offert par une panoplie d'artistes marocains spécialisés en art du Malhoun, avec les voix sublimes des chanteurs Chaïmae Erreddaf, Nasr Eddine Badri et Mohammed Fathi
Chaïmae Erreddaf et
Nasr Eddine Badri, ces figures azemmouries emblématiques et porteurs du
flambeau du Malhoun Marocain, ont eu de la peine à achever leur concert
puisqu'à plusieurs reprises, ils ont dû céder aux sollicitations insistantes du
grand public pour une ultime «Prose tranchante». Elles ont ainsi replongé les
mélomanes, le temps d'une soirée, dans un passé lointain, à travers les rythmes
et les sonorités d'une musique puisant ses racines dans la richesse et la
diversité de la culture marocaine
Cette soirée a
également été marquée par la participation du Groupe de l'Association Al Assala
de l'art du Madih Annabaoui et de la musique Al Ala de Rabat avec le professeur
Mohcine Naourach et le Groupe de la zaouïa Hamdouchia d'Azemmour, sous la
conduite du Moqaddem Hassan Ferhate. Ils ont tous enchanté le public par la
variété de leurs chants et de leurs rituels mystiques
Lors de cette deuxième nuit du Malhoun, les organisateurs ont rendu un grand hommage à Si Mohammed El Attaoui, une des grandes figures de cet art séculaire, connu sou le nom de LaâsaÏkri
Quant à la cérémonie de clôture, organisée la nuit du samedi 16 juillet
2022, elle a été consacrée à un spectacle de chant maroco-mauritanien
Cette troisième nuit s'est caractérise par la participation de la troupe
Mauritanienne Taranim, qui est une troupe d'El Medh formée de quelques éléments
de plusieurs troupes artistiques, travaillant sous la bannière du Centre
Taranim des arts populaires traditionnels. Taranim est composée de neuf
membres, présidés par le jeune El Maddah Ahmed Youba
Ainsi, cette soirée de clôture a atteint son apothéose au fil des concerts
qui se sont succédés de la soirée, surtout avec et avec une
brillante prestation des artistes mauritaniens maddahines Ahmed Youba, Dah Ould
Abrour, Fadel Ould Al-Nah, Fatima N'diay, Megbel Mint Mahmoud, Kadwach Mint
Mahmoud, Fatimetou Mint Al Asri et le grand flûtiste Isselmou ould Maâtallah
qui ont gratifié le public des florilèges des plus beaux chants de la musique
traditionnelle mauritanienne et d'El-Medh (louange au prophète PSL)
Des séances d'El-Medh, de Thiossane, de T'bel (Tamtam), de Tidinitt
(guitare traditionnelle), de Neifara (flûte) et de danse traditionnelle ont été
animées par les artistes mauritaniens. Une symbiose si vite installée entre les
artistes mauritaniens et le public qui a très bien apprécié les différentes
prestations artistiques et folkloriques présentées par la troupe Taranim
Le public a eu droit aussi à un joli bouquet dédié à la pure musique du
Malhoun offert par une panoplie d'artistes marocains spécialisés en art du
Malhoun, avec les voix sublime des chanteurs Mohammed Boukhlifi, Sara Azhouri,
la jeune étoile qui monte et Abdellah Makhtoubi en interprétant tour à
tour les plus belles « qasida » qui enrichissent la discothèque malhounienne
Cette grande soirée a également été marquée par la participation du Groupe
de la Taïfa Aïssaouaia d'Azemmour sous la direction du Moqaddem, Hassan Ben
Khama et par l'orchestre composé des musiciens les plus en vue du Malhoun, sous
la houlette de Mohamed Al Ouali
Et à l'instar des éditions précédentes, un colloque scientifique sur «Les
efforts de l'Académie du Royaume du Maroc pour la sauvegarde du patrimoine du
Malhoun Marocain» a été organisé et a été animé par des professeurs
universitaires et chercheurs spécialisés en la matière : Ahmed Mchakkah,
Abdessadek Salem, Abdellah Labriki, Ahmed Zniber, Mounir El Baskri, Abdelouahab
El Filali, Khalid Sekkat et Hadj Abdelilah Jennane
Signalons qu'au cours de cette édition, un grand hommage a été rendu au
secrétaire perpétuel de l'Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri.
Notons aussi que l'animation des soirées a été assurée par Nabil El Jay
À l'issue de cette rencontre internationale, Abdellatif Baydouri, président
de l'Association provinciale des Affaires Culturelles d'El Jdida (APAC), a
affirmé que « le Malhoun se porte bien, en témoigne cette kyrielle de
jeunes troupes et artistes qui participent aujourd'hui à cette 10e édition,
tels Hajar Azhouri, Chaïmae Erreddaf et Nasr Eddine Badri. Quant à l'implication
et le partenariat officiel de l'Académie du Royaume à cette 10ème édition, ils
constituent un enjeu majeur pour le développement de l'art du Malhoun à
Azemmour